Né le 2 octobre 1851, le jeune Ferdinand-Jean-Marie Foch grandit dans une famille de notables où la foi tient une place importante. Il est baptisé à la cathédrale Notre-Dame-de-la Sède. Elève studieux et sérieux, il entre au Lycée Impérial, actuel Lycée Théophile Gautier.
Ferdinand passe son enfance dans un des plus vieux quartiers de Tarbes qui regroupe son lieu d’étude, sa paroisse et le lieu de travail de son père, la Préfecture, où il a passé beaucoup de temps. Comme l’écrit le Baron André de Maricourt (1874-1945), Historien et Chartiste, le maréchal Foch a profité d’une « triple influence [ayant] pour sources : le sang, la nature extérieure, le régime social ». De façon poétique les biographes aiment à souligner l’imprégnation de la Bigorre et du Comminges dans le caractère du maréchal Foch. Comme si la nature avait façonné l’Etre du « sauveur de l’Humanité » comme il est parfois surnommé : avec la rudesse de ses montagnes, la rigueur de ses hommes et la piété mariale de ses sanctuaires.
En 1863, la famille quitte Tarbes suite à une mutation du père.
Ferdinand Foch revient dans le département des Hautes-Pyrénées en héros en 1919. Il est honoré à plusieurs reprises : il reçoit l’épée d’Honneur sur le perron de l’Hôtel de Ville.
Ensuite il inaugure le Monument aux Morts des Hautes-Pyrénées de Firmin Michelet. Il assiste avec son épouse à des spectacles musicaux et sportifs.
Tarbes lui rend régulièrement hommage à travers la maison natale mais aussi grâce à des monuments comme la statue équestre érigée en son honneur en 1935 et une cérémonie commémorative annuelle.
« Le sang pyrénéen coule abondant et généreux dans les veines du grand soldat. »Pierre Dumas, Foch Pyrénéen, Edouard Privat, Toulouse, 1929
« Le Patron ! Il est notre lien et notre raison d’être. Nous vivons autour de lui, à cause de lui, pour lui. Nous formons, comme disent les autres camarades en parlant de nous, « la maison Foch », En écoutant le maréchal Foch, Charles Bugnet, – Paris : Editions Bernard Grasset, 1929
Dans l’Antiquité romaine le cheval est réservé aux familles aristocratiques. Il est associé à un idéal de la noblesse et à une vision épique de la guerre. Les grands cavaliers comme Alexandre le Grand ou encore Guillaume le Conquérant sont toujours des modèles dans l’imaginaire collectif.
La statuaire équestre se trouve bien souvent au cœur du tissu urbain car elle représente le chef de guerre, une personne de pouvoir. Le modèle sculptural pour tous ceux qui se présentent comme les héritiers de la Rome impériale reste le monument équestre dédié à l’Empereur Marc-Aurèle. La figuration du cheval est extrêmement complexe à réaliser. Rares sont les artistes qui maîtrisent l’art de représenter le cheval.
Suite au décès du maréchal Foch en 1929, le maire Alexandre Boué (1870-1942) organise une séance extraordinaire où il exprime son souhait de réaliser un monument en l’honneur du maréchal Foch, enfant de Tarbes. Une souscription est levée pour financer la statue, le socle, ainsi que d’autres sculptures, la grille de la caserne, le déplacement de la statue du Baron Larrey etc. En effet, à cette occasion, la statue du Baron Larrey a été déplacée à l’autre bout des allées Leclerc.
Le Comité Foch et l’épouse du maréchal choisissent le sculpteur Firmin Michelet pour réaliser la statue équestre. 4 projets sont présentés sous forme de maquettes et conservés provisoirement au musée de Tarbes (aujourd’hui disparus).
Pour ce projet, les sculpteurs Firmin Michelet, Martial Caumont, Henri Borde et l’architecte Jean Martin sont réunis. Des mésententes entre les artistes et la modification du projet entre 1931 et 1934 entraînent une modification du projet : Firmin Michelet insiste pour que la statue équestre soit mise en avant et pas seulement « décorative » dans un ensemble architectural.
Les sculpteurs Borde et Caumont reçurent la commande de deux fontaines aux Allées Leclerc. Finalement, seul Henri Borde réalise les deux fontaines représentant le monde rural.
Le sculpteur Firmin Michelet reçoit une distinction pour son œuvre par le Jury de la Société des Artistes Français.
L’inauguration eu lieu le 27 octobre 1935. La cérémonie fut strictement militaire et à vocation patriotique : le Ministre de la Guerre, Mme la Maréchale, des membres de la famille Foch, ainsi que les Généraux Maurin et Weygand sont présents.
Installation de la sculpture
Sources :
Archives municipales de Tarbes
-Délibération Municipale : N°ordre : 19290512 ; cote : 1D1/35 ; date : 21/03/1929 ; Archives Municipales de Tarbes.
-Délibération Municipale : N°d’ordre : 19290520 ; cote : 1D1/35 ; date : 04/04/1929 ; Archives Municipales de Tarbes.
-Délibération Municipale : N°d’ordre : 19290529 ; cote : 1D1/35 ; date : 12/04/1929 ; Archives Municipales de Tarbes.
-Délibération Municipale : N°d’ordre : 19340901 ; cote : 1D1/36 ; date : 09/06/1934 ; Archives Municipales de Tarbes.
-Délibération Municipale : N°d’ordre : 19341038 ; cote : 1D1/36 ; date : 10/12/1934 ; Archives Municipales de Tarbes.
-Délibération Municipale : N°d’ordre : 19350040 : cote : 1D1/38 ; date : 25/03/1935 ; Archives Municipales de Tarbes.
-Délibération Municipale : N°d’ordre : 19350046 ; cote : 1D1/38 ; date : 09/04/1935 ; Archives Municipales de Tarbes.
-Délibération Municipale : N°d’ordre : 19340051 ; cote : 1D1/38 ; date : 30/04/1935 ; Archives Municipales de Tarbes.
-Boîte 340, Archives Municipales de Tarbes
-Boîte 538, Archives Municipales de Tarbes.
Maison natale du maréchal Foch
-Fonds Cazenavette, Maison natale du maréchal Foch, Tarbes
-Fonds Michelet, Maison natale du maréchal Foch, Tarbes
-« Numéro spécial édité à l’occasion de l’inauguration du monument Foch à Tarbes le 27 octobre 1935 », Revue des Hautes-Pyrénées, Imprimerie Lesbordes, Tarbes, 1935, pp. 166-213.
-« Nos artistes bigourdans : Firmin Michelet », Revue des Hautes-Pyrénées,,Tome XXVIII, Imprimerie Lesbordes, Tarbes, 1933, pp.6-66.















