Ni haine, ni oubli
Après la guerre de 1939-1945, les survivants, résistants et déportés, du monde entier s’investissent pour que les générations suivantes découvrent les abominations de la Seconde Guerre mondiale. En France, dès la création du Concours national scolaire de la Résistance et de la Déportation (CNRD) en 1961, d’anciens résistants et déportés se rassemblent pour accompagner les jeunes de chaque département. Dans les années qui suivent la création du CNRD, plusieurs initiatives mémorielles fleurissent : nouvelles nominations de rues, créations de mémoriaux (comme celui des allées Leclerc à Tarbes, inauguré en 1964), conceptions d’expositions temporaires (le musée Massey de Tarbes accueillera plus de 400 items en 1964 pour une exposition consacrée à la Seconde Guerre) et, enfin, créations et ouvertures de musées – à l’instar de ceux de Grenoble, Lyon et Besançon, inaugurés à la fin des années 1960 et tout début des années 1970.
Dans les Hautes-Pyrénées, les survivants et leurs proches organisent dans le courant des années 1980 une exposition itinérante à destination des établissements scolaires. Dès 1985, plusieurs associations haut-pyrénéennes veulent pérenniser ce travail de valorisation en créant un musée dans le souci de conserver les objets et documents authentiques concernant la période des années 1940 dans le département, ainsi que dans l’optique de créer un outil pédagogique à destination des jeunes passant le CNRD.
De l’exposition itinérante à l’accrochage permanent
En 1988, leur exposition itinérante pose ses valises dans une partie du bâtiment de l’école Victor-Hugo (construite un siècle plus tôt par Gustave-Joseph Labat). En plus de l’apport des objets provenant d’ancien(e)s déporté(e)s et résistant(e)s, les fondateurs conçoivent tout le mobilier de cette exposition et réunissent un nombre considérable de textes et de reproductions photographiques. Le musée de la Déportation et de la Résistance de Tarbes et des Hautes-Pyrénées finit par ouvrir ses portes le 7 janvier 1989.
Le 1er décembre 1992, les associations fondatrices cèdent le musée et sa collection à la Ville de Tarbes. Les anciens résistants et déportés endossent leurs vestes de témoins et de guides auprès des scolaires, tandis que le suivi et l’enrichissement des collections, ainsi que la gestion du bâtiment relèvent directement de la Ville.
Depuis quelques années, les témoins directs de la Seconde Guerre disparaissent. Le fruit de leur travail et la poursuite de la transmission mémorielle sont désormais entre les mains du service des musées de Tarbes, qui assure la conception d’actions de médiation culturelle, la mise en œuvre de la programmation et la gestion de précieuses et fragiles collections, qui continuent de s’enrichir.









